La discipline mentale
Comment gérer la frustration sexuelle sans craquer mentalement
Quand tout va bien, la cage de chasteté se fait oublier, discrète. Parfois, une irritation ou même le simple poids de la cage rappelle sa présence. Mais d’autres fois, pas de problème physique, c’est juste le mental qui flanche : la frustration et l’absence de clés se font soudain très concrètes.
Je ne vais pas rappeler dans cet article pourquoi avec mon mari, nous avons choisi la chasteté masculine, ni ce qu’elle apporte au couple. La question d’aujourd’hui est la suivante : comment faire pour traverser les périodes de frustration intense sans perdre le sens de la démarche ?
Certaines périodes sont plus difficiles que d’autres. La cage n’a pas changé, les conditions de la chasteté non plus, alors pourquoi cette tension soudaine ?
Cela peut être sexuel bien sûr. Si je taquine un peu trop mon mari, je sais que j’augmente le niveau de difficulté pour lui. Mais souvent ce n’est pas vraiment ça le problème. Les difficultés avec la chasteté arrivent souvent quand autre chose ne va pas : fatigue, stress au travail, ou manque de reconnaissance autre que sexuelle dans le couple par exemple. La cage ne fait qu’amplifier le malaise.
Est-ce que c’est parce que les hommes traitent parfois leurs problèmes non sexuels symboliquement à travers le sexe ? Je ne sais pas, mais j’ai déjà remarqué que Guillaume peut avoir des envies sexuelles ou au contraire se replier en fonction de ce qui se passe avec son travail ou ses amis.
Si vous êtes en couple, c’est important d’en parler ensemble. Si vous êtes célibataire, posez-vous la question de savoir d’où peut venir une envie ou une frustration soudaine. Est-ce que vous êtes particulièrement chargé ou fatigué ? Avez-vous manqué d’attention ou été agacé par quelque chose ?
C’est une prise de conscience qui permet de désamorcer la tension, puisque la difficulté n’est pas causée par la cage.
Déplacer l’énergie
Pour gérer la frustration sexuelle sans craquer mentalement, il faut commencer par l’accepter. Rappelez-vous que la frustration fait partie du contrat, mais ce n’est pas une punition. C’est sur elle que repose l’efficacité de la chasteté masculine pour changer en mieux.
Donc rien ne sert de nier la frustration, si même cela était possible. Ce qui aide en revanche, c’est de déplacer son attention sur autre chose. Pas dans le sens de penser à autre chose à tout prix, car ça ne marche pas : essayez de ne pas penser à un ours blanc, pour voir.
Je veux dire qu’il faut plutôt transformer l’énergie en quelque chose de positif : du sport, une activité intellectuelle ou artistique… Les hommes tiennent beaucoup mieux la longue durée quand ils ont un projet personnel à mener ou simplement une activité exigeante.
Quand la frustration prend Guillaume par surprise, il fait souvent des pompes ou bien (en été) prend une douche froide. Il a noté aussi que scroller sur son téléphone, en revanche, ne sert à rien.
Envie sexuelle ou besoin émotionnel
L’un des apprentissages de la chasteté masculine est de faire la différence entre émotions et sexualité, de dissocier les deux.
L’envie sexuelle est souvent urgente et physique, alors que le besoin émotionnel s’installe plus lentement et dure plus longtemps. Quand un homme se sent irritable ou stressé, il peut être tenté de relâcher la pression par le sexe, alors que ce qu’il cherche peut en fait être autre chose qu’un orgasme.
Beaucoup de femmes qui ne font pas porter de cage à leur homme vivent malheureusement dans cette situation où elles lui servent de défouloir sexuel. Un homme qui apprend à distinguer le désir physique de ses attentes émotionnelles peut demander et obtenir quelque chose de bien plus satisfaisant. S’il a en fait besoin d’être écouté, sa femme ou un ami peut répondre de façon beaucoup plus juste à son besoin. Encore faut-il l’identifier.
Est-ce que des hommes qui n’ont jamais pratiqué la chasteté savent encore demander autre chose que du sexe à leur femme ? Est-ce que cela existe ? Un homme qui demande à être rassuré, à se sentir désiré autrement, ou qui veut juste de la proximité, c’est pour moi une preuve de maturité et de conscience de soi.
Sans compter les jours
On compte les jours quand on se lance un défi ou qu’on veut constater avec satisfaction qu’on a battu son record par exemple. Je comprends parfaitement. Mais parfois, cela vient au détriment de la sérénité.
Si vous n’êtes pas dans un défi, mieux vaut à mon avis ne pas compter les jours et passer au temps cyclique. Comme au travail : vous en êtes à combien de jours à votre poste actuel ? Personne ne va compter ça. Par contre, vous avez sûrement des rituels chaque semaine pour faire un suivi.
Un autre problème avec le fait de compter les jours est que cela peut inciter à continuer pour ne pas perdre son record, alors que parfois, une pause s’impose.
S’il est nécessaire d’arrêter pour un temps la chasteté, il ne faut pas le vivre comme un échec. L’enjeu est plutôt de reprendre dans de bonnes conditions, sans se presser et pas forcément comme avant. La reprise peut être difficile, parce que le corps doit se réhabituer par exemple à dormir avec la cage.
Après une pause sans cage, je conseillerais de reprendre sans essayer de faire monter la tension pendant les deux ou trois premiers jours. L’idée est que la cage doit redevenir la normalité quotidienne.
Discipliner le mental
Je parle ici beaucoup de la cage, de son confort, de sa discrétion. Mais cette discipline physique ne tient pas longtemps sans la discipline mentale qui va avec.
C’est la raison pour laquelle je propose un service de keyholding : il est beaucoup plus facile de tenir à deux. Le terme de discipline peut faire peur, et personnellement je ne suis pas SM, mais en réalité il s’agit surtout de la présence d’une autre personne.
Si l’on tente la chasteté masculine seul, il y a donc un besoin d’auto-discipline. Se rappeler pourquoi on s’est engagé dans cette démarche et ce que ça apporte, et accepter que certains jours soient frustrants.
De mon côté avec Guillaume, je fais en sorte de ne pas céder simplement si je vois de la frustration chez lui. Car en réalité je ferais ça pour soulager mon propre inconfort de le voir en difficulté. Mais répondre trop vite ou trop mécaniquement viderait la chasteté de sa substance.
Je pense que ce sont précisément les jours difficiles qui donnent son utilité à la chasteté masculine. Les jours faciles confirment que l’on a pris la bonne décision, et les jours difficiles permettent de se construire. Ils nous rappellent surtout que la cage de chasteté sert à canaliser le désir sans le supprimer.



Une réflexion intéressante et qui tombe à pic pour moi. C’en est même troublant. Comment faire quand la femme ne se rend pas compte de l’intérêt que peut apporter la CMC ? Elle est ok avec le jeu mais le fait surtout pour vous, pas pour elle ou pour le couple ? Parce qu elle n’en ressent pas le besoin. Et surtout : y a t il quelque chose à faire ?
Bonjour,
Dans une relation candauliste, avec ma chérie nous commençons la chasteté.
D'abord 1h, puis 1 jour, nous venons de tester une semaine. Lorsque ma chérie me l'a enlevée j'ai été presque déçu, je l'aurais bien gardée une semaine de plus. Aujourd'hui je ne l'ai pas et je me sens presque triste. Je suis un peu inquiet car j'ai l'impression d'être devenu directement addict de cet objet dont j'ognorais presque l'existence il y a un an.
Au point que je me projette à la garder en permanence y compris lorsque nous rencontrons des amants pour madame, ou qu'elle rencontre seule. Ça a complètement changé mon approche et je suis passé d'une petite soumission sympa a demander à ce qu'elle m'humilie en jouant de son côté en m'interdisant le plaisir. Devrais je continuer d'explorer ou jeter cet objet de malheur ? 😁