Ouvrir la cage
Ce qui pousse une femme à libérer l'oiseau
Dans les réactions que j’ai reçues après mon précédent article, Comment plaire à celle qui garde vos clés, plusieurs questions m’ont fait comprendre que je n’avais pas fini de traiter le sujet de ce qui donne envie à une femme d’ouvrir la cage de chasteté de son homme.
Éloignons-nous donc des scénarios (souvent écrits par des hommes) que l’on peut lire, pour voir se poser cette question dans la vraie vie d’un couple qui fonctionne, qui travaille, et qui en tout cas a une vie bien chargée qui ne tourne pas uniquement autour des cages de chasteté.
La réponse courte, c’est qu’une femme ouvre une cage parce qu’elle en a envie : c’est tout l’intérêt de la chasteté masculine. Cette envie-là se construit au fil du temps mais ne dépend pas uniquement du temps qui passe.
Minuteur
Au début de notre pratique, mon mari croyait qu’une longue période de chasteté et la frustration qui l’accompagne devait automatiquement lui donner droit à quelque chose. Un orgasme masculin minimum garanti.
Il ne me le disait pas directement, mais je voyais très bien le mécanisme : quelques jours sages, et un petit regard plein d’espoir commence à apparaître. Après une semaine passée, ce regard devenait encore plus intense. Cela revient à demander la clé, mais sans utiliser des mots.
Autant il est agréable de voir l’apparition d’un homme soudainement motivé pour s’occuper du linge, autant il est moins agréable d’avoir l’impression de vivre avec un minuteur qui ne s’arrête pas de sonner.
C’est donc mon premier point : une femme sent immédiatement quand chaque geste devient une demande de libération, et c’est un bon moyen pour tuer son envie d’utiliser la clé. C’est simplement la pression sexuelle qui n’est pas vaincue et qui revient sous une forme à peine filtrée.
Spontanéité
À l’inverse, les moments où j’ai le plus envie d’ouvrir la cage arrivent souvent quand la chasteté n’est plus un sujet de préoccupation. J’aime beaucoup me fier à mes envies pour savoir quand libérer Guillaume plutôt que d’avoir des règles sur la durée de chasteté, et j’aime qu’il se détache lui aussi du calendrier pour être dans l’instant avec moi.
C’est pour cette raison qu’il me semble que c’est une bonne chose de lui interdire de demander la clé même indirectement, sauf nécessité bien sûr. Si mon mari sait que le choix est à moi et uniquement à moi, il peut lui aussi devenir spontané et plus présent pour le couple.
S’il commande des sushis pour nous deux le soir d’une longue journée et s’arrange pour que je n’aie rien à faire à la maison, ce n’est pas avec des sous-entendus et la lourdeur d’une attente visible. Ce n’est pas un service rendu pour obtenir une récompense. C’est simplement qu’il est attentif au couple et a su anticiper nos besoins à ce moment-là sans arrière-pensée, ou qu’il a voulu que l’on passe un bon moment à deux. C’est plutôt ça qui me donne envie de sortir la clé du sac.
La frustration n’est pas séduisante chez un homme. Renoncer à son propre plaisir solitaire en revanche, que ce soit frustrant pour lui ou pas d’ailleurs, est une qualité assez rare pour être appréciable.
Récompense
Je fais une parenthèse sur la notion de récompense. Est-ce qu’accorder un orgasme devient une manière de récompenser mon mari ?
Parfois oui, dans le sens où j’aime faire plaisir à mon mari quand il me donne envie de lui faire plaisir. Mais cela ne fonctionnerait pas s’il savait à l’avance quand la libération va arriver : il y a besoin d’une certaine tension de son côté, qui disparaîtrait si tout était prévisible.
L’incertitude change beaucoup la nature de la récompense. Assez souvent, je libère Guillaume un jour où je n’avais pas spécialement prévu de le libérer, parce que quelque chose s’est produit entre nous deux. Une discussion, une attention, un message, rien de spectaculaire mais quelque chose qui témoigne de la proximité entre nous.
Bref, la libération surprise est ma préférée. Quand j’ouvre sa cage, c’est simplement parce que j’ai envie de retrouver mon mari autrement pendant une soirée.
Détachement
Revenons à la question de la frustration. Pourquoi est-elle si peu sexy de mon point de vue ? Je vois bien que plus mon mari accepte calmement une longue période de chasteté, et plus j’ai envie d’abréger moi-même son attente. Le détachement avec lequel Guillaume prend la situation est important pour moi.
À l’inverse, cela me refroidirait s’il avait l’air obsédé par sa libération. Il ne serait pas dans le bon état d’esprit, il n’aurait en fait pas compris le but de la situation. Si cela arrivait, alors il serait redevenu centré sur lui-même. Toute la relation se mettrait à tourner autour de son orgasme, de son impatience, de son minuteur.
Sans généraliser abusivement, je pense qu’une femme ouvre beaucoup plus volontiers la cage quand elle sent qu’elle pourrait aussi bien ne pas l’ouvrir, sans que l’ambiance du couple ne se dégrade. Il faut de la sécurité émotionnelle pour pouvoir garder des clés.
Mon mari peut être frustré, mais il ne boude pas et ne devient pas agressif. La cage de chasteté ne doit pas être un outil de gestion de conflit. Elle ne doit pas non plus devenir une charge de travail à gérer par la femme, avec des règles, des échéances, voire des relances…
Ce qui fait que je m’implique dans la chasteté masculine et que je ne laisse pas mon mari en cage indéfiniment, c’est l’homme qu’il devient pendant que je garde ses clés. Peut-être qu’un homme attentif devient encore plus attentif en portant la cage, alors qu’un homme égocentrique deviendrait insupportable assez vite.
En tout cas, quand j’ouvre la cage de mon mari, ce n’est jamais uniquement pour le “soulager”. C’est parce qu’à ce moment précis, j’ai envie de lui, parce qu’il a créé une alchimie entre nous.



Je suis totalement d'accord pour que la frustration ne devienne pas source d'obsession de la libération. Mais pour en parler avec pas mal d'hommes en cage (80 % en relation D/s), pour la plupart d'entre nous la libération est autant souhaitée que redoutée, car le "vide" ressenti après chaque jouissance est encore plus ressenti avec la cage et on se préfère largement en état d'excitation. De plus il faut plusieurs jours (pas loin d'une semaine pour moi) pour retrouver cet état de frustration recherché.
Le problème que je commence à rencontrer après plusieurs mois de cage, c'est que j'aimerais être libéré encore moins souvent et à l'inverse de votre couple semble t'il, il m'arrive de l'éviter pour être sûr qu'elle ne me libérera pas (par exemple après 15 jours sans libération, Mme vient de m'annoncer qu'elle allait me libérer ce soir, je suis déçu, je vais perdre cet état de manque ce soir pour plusieurs jours ... Chaque personne fonctionne différemment !!
Tout ca est très intéressant ! Mais ca me fait me poser des questions. Moi et ma chérie après plusieur essaie on en ai arriver à ce dire qu'il nous faut un cadre. Qui faire ou ne pas faire pour chacun pour savoir un peu comment "jouer" à ce jeu qui sérieux. Je vois ca colle un jeu de société ou il y a des règles et après on s'épanouit en les suivant.
Quand on parle de frustration, on parle de la frustration que la cage créé toute seule ou avec aussi des moments que notre détentrice de clé fait?
Il y a un élément au début, vous mettez en avant le faite de ne pas demander la clé car ca a un effet inverse à ce que l'homme espère. Hors pour moi je le vois plus comme la mise en valeur du pouvoir que ma chérie a sur moi, accessoirement lui permette de me dire non et d'asseoir son statut de détentrice et peux être créé du jeu (oui j'aime jouer lol).
Bon je prend du recule et me pose des questions de comment trouver un équilibre dans tout ca car même si j'ai demander à faire une pause car ma chérie est trop passive ( nos journées abec les enfants et la quotidien sont bien chargés) à mon goût. Quand je lui demande si elle veux réessayer. Je ne peux cacher l'envie d'essayer à nouveau même si j'appréhende de mal le vivre.