Vasectomie et chasteté
Un choix qui mérite réflexion aussi quand on vit la chasteté masculine au quotidien
Pendant longtemps, la contraception masculine se résumait à deux options : le préservatif, ou rien. Pendant ce temps-là, les femmes géraient la pilule, l’implant ou le stérilet, avec leurs effets secondaires divers et variés, les rendez-vous médicaux et, bien sûr, toute la charge mentale qui va avec.
Les choses changent peu à peu. La vasectomie fait maintenant davantage parler d’elle, les témoignages se multiplient et le sujet sort peu à peu du tabou. La France est loin des chiffres de certains pays, mais environ 30 000 hommes franchissent désormais le pas chaque année. Ce n’est donc plus un sujet confidentiel, et il y a probablement plus d’hommes qui ont choisi cette contraception que d’hommes qui portent une cage de chasteté.
Après les enfants
Le choix que je fais de traiter ce sujet maintenant, juste après la naissance de notre premier enfant, n’aura échappé à personne.
La question de la contraception se pose aussi aux couples comme le nôtre, qui pratiquent la chasteté masculine et libèrent Monsieur occasionnellement. Elle se pose dès le début, même si la cage occupe déjà beaucoup de place dans les discussions. Elle revient aussi plus tard, lorsqu’on a des enfants et qu’on se pose la question de l’après, une fois que notre projet familial est accompli.
Chez nous, nous en avons parlé un soir où nous rangions les vêtements de bébé. La conversation a commencé avec une remarque de Guillaume sur la contraception, et nous nous sommes retrouvés à chercher des informations sur la vasectomie.
Chose amusante, beaucoup d’hommes qui s’intéressent à la chasteté connaissent bien le fonctionnement d’une cage, mais pas forcément le lien entre chasteté et fertilité. Une cage contrôle l’accès au plaisir dans sa forme la plus classique, via l’érection et l’éjaculation. La vasectomie a uniquement un impact sur la possibilité de concevoir un enfant.
La fin des spermatozoïdes
D’après les informations et les témoignages que j’ai pu trouver, la vasectomie n’affecte que la fécondité des hommes et pas le reste. Le plaisir ressenti ne diminue pas, par exemple. Les sensations sont les mêmes qu’avant, car les spermatozoïdes ne représentent qu’une infime partie du volume de l’éjaculat. Seuls les canaux déférents sont affectés par l’opération, tout le reste fonctionne comme avant : la prostate, les glandes séminales, les nerfs… et les orgasmes.
La testostérone ne baisse pas, les érections ne changent pas et la libido ne disparaît pas. Autrement dit, une vasectomie n’a rien à voir avec une castration, même si certaines personnes utilisent encore les deux mots comme s’ils étaient synonymes.
D’ailleurs, je trouve cette confusion particulièrement intéressante dans le cadre de la chasteté masculine. Sur les réseaux sociaux, certains hommes pensent qu’un homme vasectomisé serait moins viril, tout comme un homme qui porte une cage de chasteté.
Dans les deux cas, cela reflète des préjugés patriarcaux, mais c’est encore plus ridicule pour la vasectomie. Si la virilité dépendait du nombre de spermatozoïdes, un adolescent serait plus homme qu’un père de famille de cinquante ans… Et les hommes s’échangeraient peut-être des spermogrammes sur les réseaux sociaux ! La fertilité n’est qu’une fonction biologique, certes essentielle pour avoir un beau bébé, mais la masculinité ne peut pas se construire sur des paramètres médicaux.
La clé et le bistouri
Cela étant dit, est-ce que la vasectomie change quelque chose dans un couple qui pratique la chasteté masculine ? À mon avis, oui… mais rien à voir avec des critiques masculinistes des deux pratiques.
La cage de chasteté n’est ni plus ni moins efficace quand son porteur est vasectomisé. En revanche, certaines préoccupations disparaissent. Lorsque le désir survient après des jours ou des semaines de contrôle et qu’on ouvre la cage, la question d’une grossesse imprévue ne se pose plus. C’est une forme de légèreté qui n’existe pas sinon.
Je me suis demandé si une vasectomie ne risque pas de rendre la cage moins symbolique. Car la fertilité fait partie du pouvoir, de la puissance symbolique, que l’on remet entre les mains de celle qui garde la clé, avec les érections.
En fait, je ne pense pas que la vasectomie diminue l’attrait de la chasteté. Personnellement, je n’ai jamais pensé la cage comme un moyen de contraception. Les hommes ont diverses raisons de vouloir ou d’accepter cette restriction (le contrôle ou le self-control, une meilleure intimité, la curiosité…), mais ne pas devenir père n’en fait pas partie dans mon expérience.
La chasteté masculine dans le couple consiste pour moi à choisir ensemble quand le plaisir a sa place, et quand l’attente est préférable et le désir mérite d’être cultivé plutôt que consommé immédiatement. C’est une relation de confiance qui joue sur le désir, et la fécondité est un tout autre sujet.
Ni castré, ni libéré
On peut aussi dire que la vasectomie ne rend pas a priori les longues périodes de chasteté plus faciles ou plus difficiles.
La production de testostérone continue normalement, et avec elle le désir et les frustrations. Il ne faut pas penser qu’une vasectomie supprimera les envies, et celui qui apprécie justement que ces envies existent n’y verra aucune différence.
En revanche, je ne sais pas si la cage serait compatible avec la période de récupération après l’intervention. Il faut apparemment attendre un temps après une vasectomie avant de reprendre le sport, donc il semblerait normal de laisser le corps cicatriser avant de raccrocher une cage aux testicules. Quelques jours de patience peuvent éviter une irritation inutile.
De toutes façons, une vasectomie n’est pas immédiatement efficace. Les spermatozoïdes déjà présents doivent encore être évacués et un spermogramme doit confirmer que la contraception est devenue effective. On ne ressort donc pas du cabinet médical définitivement tranquille, il faut patienter un peu.
Mais une fois que la contraception est acquise, l’aspect définitif de la vasectomie peut faire hésiter. Après tout, même si l’intervention peut parfois être inversée, il ne faut pas le considérer comme une garantie. Dans ce cas, la vraie assurance en cas de changement d’avis est la conservation de sperme avant l’opération, qui permet de préserver une possibilité de concevoir à l’avenir.
Vasectomie : et après ?
Ce qui me plaît dans l’évolution actuelle de la société sur ce sujet, c’est que la discussion devient adulte. On peut être favorable à la vasectomie sans considérer que tous les hommes devraient en faire une. On peut préférer une autre méthode contraceptive sans se moquer de cette intervention. Les témoignages ont largement contribué à sortir la discussion du registre de la blague graveleuse.
La société évoluera peut-être de la même manière pour la chasteté masculine. Dans les deux cas, il s’agit de renoncer un peu, mais surtout de choisir. Choisir qui prend la charge de la contraception, le moment où l’on souhaite avoir des enfants, comme choisir la place du désir dans la vie de couple et de transformer un automatisme en décision consciente.
Je trouve en tout cas très beau que l’on puisse parler librement de sujets qui étaient encore tabous il y a quelques années. Et pour le futur, quand nous aurons décidé avec Guillaume de ne plus avoir d’autres enfants, je trouve ça très pratique qu’il existe un moyen de faire passer sur « off » les spermatozoïdes, et rien d’autre. Pour le reste, la cage continue de faire son travail.



J'ai le plaisir d'avoir eu une vasectomie.
Plaisir ? Oui car cela a soulagé ma femme de ces éternels soucis (pilules, packs ...)
Nous avons une belle famille et il était grand temps que je prenne cette décision en accord avec mon épouse bien entendu.
4 mois d'attente sont obligatoires (rétractation) entre la décision éclairée auprès de l'urologue et la 2e visite qui confirme votre décision.
Puis le grand jour, anesthésie générale, sortie et....cicatrisation, c'est long et douloureux.
Donc pour le 7e ciel, le sport...il faut attendre.
Messieurs si vous avez un travail physique, prévoyez l'opération juste avant vos congés.
Je n'ai aucun soucis d'érection, de libido, d'éjaculation ou quoi que ce soit d'autre.
Bonjour Estelle,
Sujet intéressant. Effectivement la chasteté et contraception masculine sont deux choses à part. Comme vous le dites, l'une touche à l'érection (et éjaculation) l'autre touche à la procréation. Mais néanmoins, ces deux sujets peuvent être traités de façon complémentaire.
Concernant la vasectomie, je ne connaissais pas les chiffres mais effectivement elle semble mieux inscrite dans l'opinion publique que la cage de chasteté - même si celle ci semble progresser et de plus en plus pratiquée - pour confirmer cela je connais un couple dont le mari à fait une vasectomie mais je ne connais pas de couple dont le mari porte une cage (peut être porte t il une cage , mais le sujet n'est pas abordé comme peut l'être sa vasectomie).
Tout comme il me semble évident qu'une femme contrôle les érections et éjaculations d'un homme par le biais de la cage de chasteté, il me semble aussi évident que la contraception soit masculine. Les femmes ont assez subit cette charge.